L'Afrique sur la voie du renouveau

Université de Calgary, Alberta, Canada, du 22 au 27 juin

L’Association canadienne d’études africaines reconnaît le poids des préjugés coloniaux qui pèsent sur les Africains et leur « africanité » partout où ils vont. Malgré ces préjugés, les Africains continuent de se hisser au sommet à l’échelle internationale et deviennent des leaders et des acteurs de premier plan dans divers domaines sur la scène mondiale. Cependant, le désenchantement colonial ainsi que les crises de leadership et de gouvernance que l’Afrique a connues après l’indépendance ont constamment été source de désillusion chez les Africains et les personnes d’ascendance africaine partout dans le monde. La résistance africaine à l’oppression coloniale a mûri, depuis les premières luttes contre la déportation des esclaves jusqu’aux récentes mobilisations collectives mondiales observées autour du mouvement Black Lives Matter, en passant par les luttes contre les lois Jim Crow aux États-Unis, les mouvements de décolonisation en Afrique et les mobilisations actuelles des Noirs d’Afrique du Nord contre le racisme anti-Noirs structurel dans leurs pays. Il est désormais temps pour les Africains et tous ceux qui s’intéressent à l’Afriquede commencer à se poser des questions difficiles sur la manière dont les systèmes locaux et mondiaux qui font dérailler le développement de l’Afrique ont pu voir le jour. Nous souhaitons notamment nous pencher sur les voies à suivre pour s’engager sur la lancée d’un développement holistique et inclusif en Afrique.

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Le thème de la conférence 2027 de l’Association canadienne d’études africaines (ACEA) est le « RENOUVEAU ». Au-delà des apparences et des formules toutes faites, nous appelons les participant·e·s de tous horizons à se joindre à nous pour engager des conversations sincères, profondes et stimulantes sur ce que signifie, pour l’Afrique et les Africains, de s’engager dans un processus de renouveau. Que pouvons-nous faire pour retrouver la fierté culturelle de l’Afrique, aujourd’hui brandie sous les bannières du colonialisme ? Que signifie, pour les chercheur·e·s africain·e·s et en Études Africaines et/ou Etudes Noires situé·e·s en Occident et sur le continent, de s’engager dans des discours sur le rapatriement et la restitution grâce à des fonds de recherche octroyés par des institutions occidentales ? Les transferts de fonds personnels et les financements des ONG contribuent-ils au développement de l’Afrique ou ne font-ils que perpétuer le colonialisme ? Quelle est la place de l’épistémologie culturelle africaine lorsque des chercheur·e·s et enseignant·e·s situé·es sur la Terre-mère utilisent des supports pédagogiques présentant une orientation nettement « occidentalisée » ? Au-delà de la rhétorique et de la politique de façade visant à obtenir des subventions et des publications, qu’est-ce que les chercheur·e·s en Études africaines et noires décolonisent véritablement ? Que signifie le fait qu’un nombre important de demandeurs/demandeuses d’asile situé·es en Occident, originaires d’Afrique, fondent leur demande sur des persécutions liées à leur orientation sexuelle en Afrique ? Ou que le continent africain soit le plus durement touché par les féminicides ? Comment faire face aux flambées récurrentes de xénophobie, d’africanophobie et de racisme anti-Noirs sur le continent ? Que signifie appartenir à une classe sociale dé/favorisée dans un pays africain, puis devenir membre d’un groupe minoritaire après avoir rejoint la diaspora ? Mais aussi, quelle est la portée du phénomène du retour de la diaspora sur le continent, et quels en sont les défis et les enjeux ? Que signifie le fait que les économies africaines soient encore dominées par la logique et les intérêts occidentaux ? Les débats menés lors des conférences sur les thèmes de l’Afrique et de la communauté noire en Occident favorisent-ils réellement les conditions du progrès en Afrique ? Peut-on véritablement résister aux systèmes oppressifs sans créer d’espace pour un renouveau individuel et collectif ?

La conférence de l’ACEA 2027 s’articule autour de ces perspectives et de plusieurs autres qui y sont liées.

Nous invitons donc les participants à soumettre un résumé de 250 à 300 mots portant sur l’un des sous-thèmes suivants ou sur un autre thème général s’inscrivant dans la perspective du renouveau.

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1. Linguistique et langues africaines — préjugés, remédiation, renouveau et innovation.

2. Les femmes et les hommes africain·es/noir·es et le discours global autour du genre.

3. Les bailleurs de fonds étrangers/ONG et l’image de l’Afrique.

4. La recherche en études africaines en Afrique et hors d’Afrique — assemblages et clivages.

5. Immigration, rapatriement et transferts de fonds — avantages et idées fausses.

6. La diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) et la mobilité de la diaspora africaine.

7. Les systèmes de leadership africains.

8. Les économies africaines.

9. Les représentations des Africain·es et des Noir·es dans les arts, le cinéma, la communication, le divertissement et les arts du spectacle.

10. Les écrits de la diaspora africaine et des immigré·es — dépeignent-ils l’Afrique ou négocient-ils les espaces coloniaux ?

11. Racisme anti-Noirs, xénophobie et stratification sociale en Afrique.

12. L’adaptation aux contextes locaux des technologies émergentes, du big data, des réseaux sociaux et de l’IA en Afrique.

13. L’Afrique queer — stratégies et résistance.

14. L’Education/Les pédagogies et l’Epistémologie en Afrique : fuite des cerveaux ou afflux de cerveaux ?

15. Mise à profit de la méthodologie africaine pour les interventions en santé publique.

16. Conflits, sécurité et déplacements de population en Afrique.

17. Agriculture, production et souveraineté alimentaires en Afrique.

18. L'exploitation minière et les défis écologiques en Afrique.

19. Discours africain endogène sur le climat.

20. L’Afrique et le développement relationnel mondial : se tourner vers l’Occident ou vers l’Orient ?

21. L’évangélisation de l’Afrique et la place de la religion traditionnelle africaine.


Les propositions de panels/posters/tables rondes/présentations artistiques ou performatives sur divers sujets liés au thème central de la conférence sont également les bienvenues.


Bien que les soumissions et les présentations en langues africaines soient encouragées, veuillez noter que la conférence ne peut fournir des services de communication et de traduction qu’en anglais et en français.

 

·      Date limite prioritaire pour les candidats basés en Afrique : 15 november 2026

·      Date limite générale pour tous les candidats : 15 décember 2026

 

La date limite prioritaire permet un examen précoce des résumés et accorde aux candidat·es basé·es en Afrique ayant été retenu·es un délai supplémentaire pour faire leur demande de visa. Les candidat·es basé·es en Afrique peuvent continuer à soumettre leurs propositions jusqu’à la date limite générale.

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